Extraits du livre de Geneviève Lefevre "Georges Labit" aux éditions Daniel Briand, ISBN 2-903716-46-3

Parmi les sages constructions du quartier Montplaisir, à Toulouse, une villa de style mauresque coiffée d'une chatoyante coupole turquoise surprend par son étrangeté. Le promeneur curieux qui franchit le seuil de cette pittoresque demeure découvre alors un monde oriental inattebdu, bien différent du musée conçu à la fin du XIXe siècle par Georges Labit. Les témoignages de l'époque nous apprenent que ce nom de famille est attaché au souvenir d'un négociant trés dynamique, Antoine Labit, fondateur du premier grand magazin toulousain et promoteur immobilier averti, dont la réussite professionnelle favorisa une ascension sociale spéctaculaire. Son fils aîné, Georges, mena une vie singulière et lui aussi la notoriété, malgré les mauvaises langues qui le caricaturèrent en dandy romanesque, amateur d'objets bizarres, fils à papa, décadent, aventurier... En fait, ce personnage énigmatique était un grand voyageur un peu marginal qui, grâce à la fortune familiale, créa l'étonnant musée de la rue du Japon pour installer ses collections d'objets dénichés dans quelques provinces françaises, autour du Bassin Méditerranéen ou dans divers pays d'Europe et d'Extrème Orient. Très tôt, il révèle un esprit ouvert, débrouilard et, après une formation commerciale à Paris et à Vienne, son avenir semble tout tracé dans l'entreprise paternelle où pourtant il ne trouvera jamais sa place. En effet, de sérieuses divergences d'idées opposent les deux générations? D'une autorité absolue, le père tient à garder les rênes de la maison et préfère éloigner son fils en lui confiant la mission de voyageur de commerce en France et à l'étranger, tout en le maintenant sous tutelle économique.
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L'achat d'objets utilitaires ayant déjà servi amorce une collection ethnographique qui s'enrichira peu à peu, sans trop gréver son budget limité car pour d'bscures raison, si Antoine Labit paye directement aux agences de voyages les frais de transport assortis de bons d'hôtels il n'octroie à son fils qu'une somme très faible "d'argent de poche". C'est pourquoi, à l'inverse des collectionneurs classiques, il ne pourra guère bibeloter selon ses désirs ni accorder la priorité à la rareté ou à l'esthétique et sera tenu de choisir des pièces intéressantes mais de peu de valeur marchande, excepté au Japon.
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Soucieux d'épurer ce qui aurait pu ternir le patronyme, Antoine Labit a filtré de manière drastique les écrits de son fils, laissant dans l'obscurité les épisodes intimes de sa brève destinée. Ainsi après avoir étouffé sa vie, il aura étouffé une partie de sa mémoire. Cent ans plus tard, on jase encore sur les échos prétendus croustillants d'une fin rocambolesque qui fit frémir tout Toulouse...