![]() |
|
Musée Georges Labit
43, rue des Martyrs de la Libération
31400
Toulouse
05 61 22 21 84
Ouvert tous les jours de 10h00 à 17h00 (du 1er
octobre au 31 mai) et de 10h00 à 18h00 (du 1er Juin au 30 septembre).
Fermé
le mardi et jours fériés.
Ce musée accueille un ensemble assez complet de belles collections de l'art indien, cambodgien, thaïlandais, indonésien, tibétain, népalais, japonais et chinois, le tout réparti sur trois millénaires, sans oublier une collection d'antiquités égyptiennes, avec sa momie et son sarcophage.
On est d'abord séduit par la présence insolite de ce petit pavillon mauresque sur la berge paisible du canal du Midi. Ce lieu a la particularité d'être intéressant par l'histoire de son concepteur comme par la richesse des collections qu'il renferme.
La ville de Toulouse doit ce musée à l'un de ses enfants : Georges LABIT, né le 12 février 1862. Il est issu d'une riche famille de négociants toulousains. Son père crée le "Magasin Universel" au 28 rue Alsace Lorraine, qui deviendra la plus grande surface commerciale Toulousaine de l'époque.
Très jeune, il montre un vif intérêt pour l'aventure.
L'excellent livre de Geneviève Lefevre aux
éditions Danièl Briand, Georges Labit, ISBN : 2-903716-46-3, vous donnera un
excellent résumé de la vie de Georges Labit.
Il pût ainsi allier son plaisir pour la découverte de nouveaux horizons à ses obligations. Georges Labit devient un voyageur insatiable et parcourt les routes de l'Europe et de l'Asie. Il collectionne alors divers objets trouvés sur sa route. Il ira ainsi de l'Angleterre à l'Empire du Soleil Levant, en passant par l'Afrique, la Chine ou encore la Laponie. De ses multiples pérégrinations, il ramènera toute sorte d'objets qui viendront grossir ses collections comme les magnifiques estampes japonaises. Reporter photographe avant l'heure, il rapportera également une imposante collection de photographies.
Après avoir mené l'existence d'un oisif fortuné à l'esprit d'aventure, Georges Labit décide, à 30 ans et en toute modestie, de construire un musée à son nom. Pour accueillir ses trésors, il fait bâtir une villa de style néo-mauresque due à sa fantaisie et à son amour pour l'Orient, il en confie la réalisation à l'architecte toulousain Jules Calvairac. Ce musée est à ce jour le seul de Toulouse à avoir fait l'objet d'une construction spécifique, conçu comme tel, selon les conceptions les plus novatrices de la fin du XIXe siècle.Tous les autres sont installés dans des bâtiments réhabilités.
L'ensemble, à la fois musée et demeure bourgeoise avec cuisine,
salle à manger, billard et chambre, est conçu dans un style mauresque. Plusieurs
sources d'inspiration ont été évoquées : les villas orientales sont à la mode, à
l'époque, sur les côtes atlantique et méditerranéenne. Georges Labit possède une
photo de la Villa
mauresque construite en 1865 à Arcachon (Cap Ferret) par Jean-Eugène
Ormières. D'autres édifices, publiés notamment dans la Revue générale de
l'architecture en 1867, ont pu l'inspirer. On y retrouve l'escalier extérieur à
balustres, les dômes surmontés d'un croissant métallique, les arcs outrepassés,
les appuis des balcons en bois, les carreaux de faïence...
L'édifice, à deux étages, se situe au milieu d'un grand jardin d'agrément. On y accède depuis la rue des Martyrs par un escalier extérieur avec garde-corps en pierre. Le gros-oeuvre est en briques enduites d'un crépi fin, teinté, simulant un appareil mixte de briques et pierres. Une verrière éclaire la partie centrale du bâtiment. Le dôme sur l'élévation antérieure est couvert de tuiles plates en céramique. D'autres éléments décoratifs en céramique sont disposés à l'extérieur, à intervalles réguliers.
L'intérieur d'origine
est connu par quelques photographies anciennes conservées dans la famille Labit
et des gravures publiées dans l'Illustration du 18 août 1894. Des plans réalisés
en 1932 et 1933 donnent une idée de sa distribution. L'ensemble s'organise
autour d'un espace central éclairé par une verrière. Les arcades en
plein-cintre, qui commandent les salles d'exposition, donnent l'illusion d'un
patio traditionnel dans ce type d'architecture méditerranéenne.
Inauguré le 11 janvier 1893, le musée offre aux Toulousains l'accès à des mondes lointains sans pour autant en oublier les collections de la région.
Le 10 février 1899 vit la fin de cet aventurier qui désirait faire partager à ses contemporains l'émerveillement qu'il avait ressenti au cours de ses voyages. Son oeuvre fut brutalemnt interrompus par une mort précoce et dramatique, dans des circonstances encore ténébreuses, quelque jours avant son mariage.
Légué à la ville par son père Antoine en 1921, le musée Georges Labit et ses collections sont aujourd'hui encore le reflet de l'âme de son initiateur.
Je laisse à Jean Penent, Conservateur du musée Paul-Dupuy et du musée
Georges-Labit, le soin de rapporter la vie de ce charmant musée.
"Georges Labit était un jeune homme qui avait parcouru le monde. Des pays
lointains qu'il avait visités, il avait raporté des objets curieux et des
oeuvres d'art pour être rassemblés dans le musée qui dès sa création, porta ce
titre et son nom. L'inauguration du musée Georges-Labit eut lieu le 11 novembre
1893 et révèla aux Toulousains, deux siècles après le voyage au Siam de leur
compatriote Simon de Laloubère, des mondes étranges, des civilisations
insoupçonnées et que l'on découvrait immenses. La disparition tragique de son
fondateur, en 1899, semblera compromettre dès ces débuts cependant la pérennité
de cette généreuse réalisation...
L'espoir reviendra grâce à la volonté
d'Antoine Labit d'honorer la mémoire de son fils. Après bien des vicissitudes,
les collections et l'édifice les abritant seront enfin légués à la ville de
Toulouse qui en prendra possession en 1921. Il faudra attendre encore l'arrivée
du docteur Albert Sallet, correspondant de l'Ecole française d'Extrème Orient,
en 1934, pour que le musée Georges-Labit retrouve son âme et reprenne le cours
de son développement, appuyé sur une première classification scientifique des
oeuvres et d'importants enrichissements. Au efforts du docteur Sallet
s'ajouteront bientôt ceux de Philippe Stern, conservateur au musée Guimet,
établi à Toulouse durant la guerre, et cette association prestigieuse permettra
l'ouverture en 1946 d'un nouveau musée, réorganisé autant que cela fut possible
en ces temps de grande difficultés. Un pas de plus sera effectué en 1948, sous
l'égide de Robert Mesuret, à l'occasion d'une nouvelle répartition des
collections des musées de Toulouse : le musée Georges-Labit, qui ne conservera
plus de son ancien fonds que les collections consacrées à l'Asie et recevra du
musée Saint-Raymond les collections égyptiennes, se verra ainsi confirmé dans la
double vocation que nous lui connaissont aujourd'hui. Il restera à Mme Jeanne
Guillevic, à partir de 1969, à entreprendre son entière rénovation selon les
conceptions de la muséographie moderne et les exigences de nouveaux
publics.
Enrichi d'importants dépôts du Musée national des Arts asiatiques
Guimet et de judicieuses acquisitions complètant les différentes sections
réparties avec le plus grand souci de clarté et de cohérence, le musée rénové
sera inauguré en 1971. Les premiers catalogues de ses collections, établis par
Mme Guillevic ou des chercheurs oeuvrant sous sa direction, verront le jour
entre 1971 et 1988. On découvrait alors l'histoire à la fois singulière et si
caractèristique, les richesses longtemps méconnues, en un mot l'exceptionnel
intérêt du seul musée d'art oriental de France en dehors de Paris.
Une
nouvelle rénovation que les années écoulées rendaient nécessaires, soucieuse
également de renouer avec l'espace architectural crée en 1893 par Jules
Calbairac, a été menée, cent ans après de 1993 à 1997. Elle s'est doublée d'une
campagne de restauration qui permet de découvrir, en même temps que des
acquisitions nouvelles encore jamais présentées - parmi lesquelles l'importante
donation de Lise et Jean Mansion constituée de peintures, de bronzes et d'objets
rituels tibétains -, des trésors oubliés. Le temps de fermeture de
l'établissement a aussi favorisé le lancement d'un programme d'études de
l'ensemble des collections..."
(Extrait de "Les cahiers du Musée
Georges-Labit N°3")
Ainsi, un siècle après sa création et à la suite de bien des enrichissements, l'établissement qui porte son nom est-il devenu l'un des rares musées de province à pouvoir offrir, sur trois millénaires, un panorama des plus complets de l'art (sculptures, céramiques, objets de culte et peintures) de l'Inde, du Cambodge, de la Thaïlande, de l'Indonésie, du Tibet, du Népal et bien entendu de la Chine et du Japon. Consacré à l'art asiatique, il renferme de nombreux Bouddhas, des armures de Samouraïs. Cette exploration exceptionnelle des arts de l'Asie se poursuit par un autre voyage, grâce à la remarquable collection d'antiquités égyptiennes et d'art copte de la section d'antiquités égyptiennes crée en 1948.
"Si les premiers objets égyptiens de la collections toulousaine
remontent aux saisies révolutionnaires, principalement celles réalisées chez
Anne-F. Victor Le Tonnelier de Breteuil (1724-1794), èvêque de Montauban, et le
cardinal de Bernis, archevêque d'Albi, la majeure partie s'est constituée au
XIXe siècle après l'Expédition d'Egypte (1798-1799). Elle a surtout été formée
par l'antiquaire Alexandre Du Mège (1780-1862) qui avait réuni, à titre
personnel et pour le musée des antiquités, un petit fonds d'antiquités
égyptiennes : stèles, pièces petites et moyennes, dont de nombreus ouchebtiou.
La collection égyptienne de Du Mège aboutira, par achat de son vivant, dans les
collections du musée qui s'était formé, par décret du 14 fructidor an VIII
(1795), dans l'ancien couvent des ci-devant augustins. Du Mège, qui , joue, dans
le cadre du patrimoine du Toulousain et de l'Aquitaine, le même rôle que celui
d'Alexandre Renoir à Paris, s'affirme d'emblèe comme un connaisseur local des
antiquités égyptiennes. Il a d'ailleurs reçu les conseils bienveillants de
Champollion, quand celui-ci passe par Toulouse, autour du 18 février 1830, au
retour de l'expédition franco-toscane. Ce dernier, lorsqu'il séjourne dans la
ville, porte un regard sur le fonds égyptien du musée. A côté d'Alexandre Du
Mège, Edouard Dulaurier (1807-1881), épigone toulousain de Champollion, effectue
les premières traductions des stèles égyptiennes. Le fonds toulousain s'enrichit
surtout lors de l'achat des objets rapportés de la campagne d'Egypte par le
général Dugua (1744-1820), et de l'important lot d'amullettes du comte de
Clarac, acquis en 1846. En outre Du Mège se porte acquèreur des sarcophages
interne et externe de belle qualité inv. 49.287.1 et 2), ceux de la dame
In-Imen(-na)y.s-nebou(t), vers 1849."
(Extrait de "Les cahiers du Musée
Georges-Labit N°3")
"Le musée posséde une momie complète ainsi que les sarcophages (inv.
49.287.1 et 2 ; 49284) qui lui servent d'enveloppes. Récemment nettoyées, ces
sarcopharges ont révélé des pièces de très belle qualité remontant à l'époque
libyenne (XXIIe-XXIIIe dynastie). Les scènes reproduisent une série d'étapes
successives, dont la la momification, sur le chemin de l'apothéose solaire du
défunt, sous la forme d'un faucon renaissant à l'Occident puis d'un bélier ailé,
manifestation du soleil à son zénith et entrant dans sa phase de déclin. Les
génies détenteurs de coutelas, les fils d'Horus, veillent sur le corps et les
organes afin de prévenir tous risques provenant des agents pathogènes et des
démons véhiculant des germes de destruction de l'enveloppe
charnelle."
(Extrait de "Les cahiers du Musée Georges-Labit
N°3")
Sa fiche est ainsi
rédigée :"Egypte vers 1700 avant JC (datation au carbone 14)
Momie de :"Dame
In-Imen-nay.s-Nebout, la fille du portier du temple d'Amon" (Inscription sur le
sarcophage).
Sur la poitrine, une amulette en faïence émaillée représentant
une divinité à tête de bélier ou de singe.
Cette momie est entrée dans les
collections toulousaines vers 1840. Les premières descriptions précisent que les
bandelettes qui la protégeaient étaient déjà à cette époque, entaillées sur
toute la longueur du corps.
Plus tard certainement lors d'un transport, le
cou fragile s'est cassé.
Pour réparer ces outrages et tenter d'être fidèle
aux rites funéraires de l'Egypte Ancienne, une réhabilitation du maillotage a
été réalisée en 1996, par l'atelier de restauration des textiles du musée Paul
Dupuy. Comme les pages d'un livre qui se referment les bandelettes de lin ont
retrouvé leur disposition initiale. Elles sont maintenues par quelques fils de
soies.
Avant cette opération de conservation une équipe de médecin a procédé
à des prélèvements pour diverses analyses. Les résultats vont permettre de mieux
connaître cette momie, son état de santé dans les dernières années de sa vie et
son contexte social."
Le musée posséde aussi un manuscrit du livre des morts "Manuscrit Vanille" et un exemplaire du livre des respirations.
Parmi les splendides collections orientales du musée Georges Labit, il est des pièces qui, sans être spectaculaires, ont une très grande valeur historique. C'est le cas d'une série de cinq vases néolithiques chinois trouvés dans la province du Gansu par le géologue suédois et pionnier de l'archéologie chinoise, Andersson. Ils sont arrivés à Toulouse grâce au valet de chambre d'Andersson. A la mort de ce Toulousain parti tenter sa chance en Extrême Orient, sa soeur trouve les vases dans ses effets. Voilà comment Toulouse possède des produits de fouille préhistorique parmi les premiers trouvés en Chine. Le nom du valet mériterait d'être connu. Il s'est perdu : si vous en retrouvez la trace, avertissez Jean Penent, conservateur du musée, il en sera ravi.
Dernière mise à jour 5 août 2001